FRANCE

CRISE MONDIALE
EN ROUTE POUR LE MONDE D’APRÈS

Franck Biancheri


Informations générales
192 pages
Publié par Anticipolis
Janvier 2011
Egalement en Anglais, Italien, Allemand et Espagnol

Biographie de l’auteur

Né en 1961, Franck Biancheri est le directeur des études du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), qui dès Février 2006 avait correctement prévu la ” crise systémique globale ” et qui, depuis cette date, anticipe son évolution via le Global Europe Anticipation Bulletin (GEAB), dont les communiqués publics mensuels traduits dans plus de soixante-dix langues sont lus par plus de dix millions de lecteurs dans le monde.

Il est par ailleurs l’un des pères du programme Erasmus. Au cours des vingt dernières années, ses activités l’ont conduit à apporter son expertise à de nombreux gouvernements et institutions de l’Union européenne ainsi qu’aux Etats-Unis, dans le monde musulman, en Amérique latine et en Asie.

Il est également le président de Newropeans.

 


Présentation de l’éditeur

Dans son livre sans concession, Franck Biancheri, Président des études du LEAP, tente de combler le manque d’anticipation des dirigeants et des élites européennes vis-à-vis de la crise en proposant une vision concrète de l’avenir de la France, de l’Europe et du monde à l’horizon 2020.

“Car cette crise que nous vivons n’est pas seulement la fin du monde d’avant, c’est également, une formidable occasion de reconstruire un monde d’après, à condition, toutefois, de ne pas se tromper sur les dangers, les défis et les opportunités qui nous attendent.”

La fin du monde tel que nous le connaissons: La crise financière et économique que connaît la planète depuis deux ans marque la fin de l’ordre mondial établi après 1945. En 1989, le “pilier soviétique” s’est effondré et nous assistons actuellement à la décomposition accélérée du “pilier occidental”, avec les États-Unis au cœur du processus de désintégration.

Un monde d’après inimaginable? Après deux décennies passées à vivre dans le mythe d’une “histoire finie” dans laquelle notre camp occidental se serait imposé universellement, il nous est presque impossible d’imaginer “un monde d’après” dans lequel les évolutions du jour ne seraient pas déterminées à Washington ou Wall Street, dans lequel l’Anglo-américain ne serait pas nécessairement synonyme de modernité et dans lequel le Dollar ne serait plus roi.

Un manque d’anticipation: Comme dans l’Europe de l’Est d’avant 1989, ni nos médias, ni nos élites ne sont actuellement capables de nous aider à “imaginer l’inimaginable”, trop occupés qu’ils sont à tenter de nous faire “oublier l’inoubliable”, à savoir, les effets socio-économiques dévastateurs de la crise à travers toute la planète.

Espoirs et craintes: Quels conflits ce monde d’après la crise peut-il générer? Comment se préparer aux bouleversements économiques et monétaires des toutes prochaines années? Comment pourrons-nous et

devrons-nous y faire face en tant que Français et Européens? Comment vont interagir les puissances émergentes, Brésil, Inde, Russie et bien sûr Chine en tête? Avec quelles difficultés ces pays vont-ils gérer leur ascension? Comment nos enfants peuvent-ils se positionner pour préparer ce monde d’après, en tant que citoyens et en tant que professionnels?

Un livre pour y répondre: Voici quelques unes des questions auxquelles ce livre tente d’apporter des réponses en offrant des pistes de réflexion et d’action pour l’individu comme pour le collectif. Car cette crise n’est pas seulement la fin du “monde d’avant”, c’est également, une formidable occasion de reconstruire un “monde d’après”, à condition, toutefois, de ne pas se tromper sur les dangers, les défis et les opportunités qui nous attendent.

Les événements internationaux actuels nous montrent la rapidité avec laquelle “le monde d’après” est déjà en train d’émerger et à quel point sa trajectoire pourrait devenir chaotique.

 


Extrait

La première moitié de décennie marquée essentiellement par une dislocation géopolitique mondiale

    La crise, parce qu’elle n’a pas été anticipée par les dirigeants de la planète, a acquis sa propre vitesse de développement. En 2009, les efforts financiers, sans précédent historique, des États-Unis, de l’Europe, de la Chine, du Japon et d’autres pays n’auront permis que deux choses : anesthésier les corps sociaux des différents pays afin de retarder une violente réaction politique et sociale et sauver les grands établissements financiers sans les réformer. Tout cela s’est effectué au prix d’un endettement insupportable des États, de la transformation d’une partie très importante (autour de 30 %) de l’économie mondiale en « économie-zombie » (c’est-à-dire ne survivant que grâce aux aides publiques directes ou indirectes ou bien grâce à la manipulation des règles comptables) et d’une méfiance croissante des opinions publiques occidentales vis-à-vis de l’ensemble des classes dirigeantes suspectées à juste titre de n’être que les représentants des intérêts financiers les plus puissants. Parallèlement à ces phénomènes très visibles, et in fine de court ou moyen terme, la crise incarne d’autres tendances séculaires modifiant profondément l’ordre du monde que nous connaissons comme en particulier cette (re)montée en puissance de la Chine et de l’Inde, et la fin d’un monde occidentalo-centré. La décennie qui s’ouvre va être le théâtre de l’interaction de ces deux « temps » de la crise qui, tout en étant bien entendu corrélés, ne sont pas identiques. Les tendances séculaires peuvent être considérées, à l’échelle d’une décennie, comme des données, c’est-à-dire comme des phénomènes auxquels on peut se préparer sans pouvoir réellement en affecter le déroulement alors que les autres phénomènes (dont les durées varient entre 2 à 5 ans en moyenne) peuvent au contraire être directement affectés par les décisions humaines (celles des dirigeants et/ou celles des peuples).

    La première partie de la décennie qui s’ouvre va donc être essentiellement marquée, d’une part, par l’émergence grandissante de tendances séculaires marquant la fin de l’occidentalo-centrisme et, d’autre part, par les conséquences de la crise financière et surtout des réponses qui y ont été apportées en 2009. Réponses qui ont conduit au surendettement des États et en particulier au surendettement du pilier de l’ordre mondial de ces dernières décennies qu’étaient les États-Unis. La Chine étant le vecteur privilégié des tendances séculaires en action et les États-Unis étant à la fois le pays au cœur de la crise financière et de ses conséquences¹, on peut affirmer que ce sont les rapports sino-américains qui vont déterminer le rythme et l’ampleur des chocs que nous allons connaître d’ici le milieu des années 2010-2020. Parallèlement, les autres acteurs (puissances nouvelles, anciennes ou réinventées²) vont bien entendu agir et réagir au cours des prochaines années, soit en fonction de l’évolution du rapport USA-Chine et de ses conséquences, soit en fonction de leurs propres anticipations sur le monde des décennies à venir. C’est très probablement de ce groupe que peuvent naître les initiatives et les idées les plus fécondes pour éviter que la deuxième partie de la décennie ne se transforme en une descente aux enfers pour la plus grande partie de la planète et pour permettre que, d’ici 2020, un nouvel ordre du monde pérenne soit déjà en train de prendre forme. Au vu de ce qui se passe depuis le début avéré de la crise, le duo USA-Chine a en effet très peu de chance d’éviter une confrontation stérile. Ni les dirigeants chinois, ni les élites américaines ne paraissent en mesure de faire autre chose que défendre/promouvoir leurs propres intérêts directs. Leur conflit mutuel, et ses conséquences intérieures pour les deux pays, va également capter toute leur attention, leur laissant peu de place pour penser l’avenir du monde. Cela dit, rien n’assure bien entendu que les contributions des autres acteurs seront en mesure de détourner le monde d’une logique de jeu à somme nulle et donc de conflits entre blocs comme celle qui va s’imposer rapidement dans la relation USA-Chine. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a bien deux chroniques du futur dans ce livre. La principale différence entre les deux tient à ce facteur, les divergences d’évolution induites apparaissant de plus en plus au cours de la seconde moitié de la décennie.

    Mais, n’anticipons pas (pour une fois) la fin de l’ouvrage. Regardons d’abord plus en détail les évolutions probables des principaux acteurs géopolitiques de la décennie 2010-2020 ainsi que celles du cadre général de leurs interactions.

    Ces évolutions probables seront un enchaînement des évènements qui va aboutir à la décomposition du système international actuel, notamment à travers l’effondrement ou la paralysie des principales institutions internationales et des nœuds stratégiques du système financier et monétaire mondial et l’amorce d’un processus de restructuration structurelle des grands acteurs globaux comme les États-Unis, l’UE, la Russie, l’Asie et l’Amérique latine, oscillant entre début de dislocation pour certains et poursuite de réorganisation pour d’autres.

 

 

 

Critiques

“Horoscope de la Planète” (F. BOUSQUET)

Parmi tous les prophètes de la crise, on a beaucoup cité Maurice Allais, Nouriel Roubini ou encore Paul Jorion, moins Franck Biancheri et son think tank, le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique 2020 (LEAP). C’est au LEAP 2020 que l’on doit le concept de “crise systémique globale”. Il en détaille depuis plus de 5 ans les grandes étapes avec une précision ahurissante. [...]

Paru le 01/11/2010 dans LE CHOC DU MOIS

 

“L’avenir détermine le présent” ou l’anticipation en politique (S. NADOT)

Franck Biancheri présente une analyse passionnante, parfois déroutante dans son livre “Crise mondiale- En route pour le monde d’après”, également disponible dans plusieurs langues. Fondées sur un argumentaire plus ou moins solide, ses prédictions sont intéressantes à découvrir. Au plan mondial, l’occidentalo-centrisme a fait long feu et devrait disparaître dans les 10 années à venir. [...]

Paru le 18/02/2011 sur SUITE 101