Florian Henckel von Donnersmarck

Président du jury 2017

Réalisateur allemand

Photo : D.R.

« When I was 14, I found myself, through a very fortunate coincidence, a pupil at the European School in Brussels, although my father was not an EU official. Every language had its own section where students were taught in their mother tongue, conforming with the traditions of their countries’ education system. But for subjects like history, geography and sports, all the students of all nationalities and languages were taught together. We all studied the lives and thoughts of all the theorists and practitioners of European unity, be they Charlemagne, George of Podebrady, Saint-Simon, Immanuel Kant or Jean Monet. The orchestra and the plays at the school were pan-european. Friendships and also conflicts knew no language barriers. That experience taught me that there are differences and challenges in bringing Europe together. But it also it also convinced me of something that my father (who was born a Polish citizen, who fled to Germany and Austria at the end of the war) and all our ancestors from so many different European countries had always known: that Europe is a reality. It is not merely a political decision. European identity exists, our task is merely to give it a legal and political form. The two books the jury has chosen: “Zinc » by David Van Reybrouck and “Come la democrazia fallisce” by Raffaele Simone made me understand more deeply how fluid the borders between European countries have been, and how absurd the idea of European wars really is. And how it takes active participation in democracy to ensure its survival. It has been a great honor to serve as part of this extremely illustrious jury. I learned a lot from the other members of the jury during out extended discussion in Paris. The selection is one of which we are all very proud. »

« Lorsque j’avais 14 ans, une heureuse coïncidence m’a permise d’intégrer l’École Européenne de Bruxelles, bien que mon père ne soit pas ressortissant européen. Au sein de cet établissement, chaque langage avait sa section où l’on enseignait aux élèves dans leur langue maternelle, en respectant le système éducatif traditionnel de leur pays d’origine. Cependant, les matières telles que l’histoire, la géographie et le sport étaient enseignées à tous les élèves, sans différence. Nous avons donc tous appris l’histoire et les théories des grands penseurs de l’unité européenne tels que Charlemagne, George de Bohême, Saint-Simon, Emmanuel Kant ou Jean Monet. De même, l’orchestre ainsi que les pièces de l’École étaient Paneuropéennes. Les amitiés au même titres que les conflits ne connaissaient pas la barrière de la langue. Cette expérience m’a appris qu’il existe des différences mais aussi des défis dans la fédération européenne. Mais cette expérience m’a aussi convaincu de quelque chose dont mon père (né citoyen polonais, ayant fui vers l’Allemagne puis l’Autriche à la fin de la guerre) et tous nos ancêtres issus de de tous les pays européens savaient depuis toujours : l’Europe est une réalité. Il ne s’agit pas d’une simple décision politique. L’identité européenne existe bel et bien, notre devoir est de lui donner un cadre légal et politique, tout simplement. Les deux ouvrages qui ont été sélectionnés par le jury : “Zinc » de David Van Reybrouck et “Si la démocratie fait faillite” de Raffaele Simone m’ont encore plus fait comprendre à quel point les frontières entre les pays européens sont fluides et à quel point l’idée d’une guerre européenne est absurde. Mais aussi et surtout, à quel point le fait de prendre part à la démocratie est nécessaire à sa survie. Ce fut un grand honneur de servir au sein de cet illustre jury qui compose le Prix du Livre Européen. J’ai beaucoup appris de tous ses membres durant la longue délibération qui eu lieu à Paris. Nous sommes très fiers de cette sélection. »