Ceux qui marchent dans les villes

 

 

 

ceux qui marchent dans les villes

Biographie

Né à Bruxelles en 1978, Jean-François Dauven, est un écrivain belge de langue française. Il travaille comme éditeur dans une maison d’édition parisienne. Il a publié deux livres qui se situaient également dans la ville imaginaire de Portosera au Portugal : « Le manuscrit de Portosera la Rouge » et « le Soliste » .

 

 

Extraits

«Mais ce qu'une femme attend, ce n’est pas de pouvoir compter sur toi, c’est de savoir qu’elle compte pour toi (...) Même dans un couple: si un mari appelle sa femme juste pour lui dire qu’il l’aime, elle craque. En revanche , s’il souhaite simplement la prévenir que le diner sera prêt à l’heure, au mieux elle demandera si elle doit acheter du pain.»

«L’Europe c’est nous, les petits gars! »

«Il est chez lui. Il reste là un bon moment. De ce point central où finissent toujours par aboutir toutes les promenades, il aspire dans chaque bouffée d’air humide cette foule que le soleil soulage, l’animation des avenues alentour, le calme lointain des quartiers résidentiels, la ville inépuisable où l’envie subite d’être partout élargit le cœur, comme un amour sans espoir de retour mais un bref instant heureux de l’être, généreux dans la folie d’une seconde. »

«En fin il dut s’avouer qu’il avait trouvé là la plus belle ville qu’il ait jamais vu: la sienne»

 

Présentation de l'éditeur

Lisbonne a envoûté Jérôme, pourtant Paris lui manque. Sans quitter Rome, Salvatore s'apprête à bouleverser la vie d'un couple d'Espagnols. À Marseille, le dernier espoir de Manuel, homme d'affaires ruiné, repose sur un courtier londonien...  
C'est le début de l'été et la canicule règne sur toute l'Europe. Dans dix villes saturées de lumière et de chaleur, dix histoires n'en formeront bientôt plus qu'une, au gré des lettres, des coups de téléphone, des rencontres et des liens que l'espace ne rompt jamais. Ce sont dix récits qui se répondent et s’entrecroisent. Chaque histoire fait vivre les lieux avec sensualité et passion. Et chaque ville tisse une riche toile humaine, faite de rencontres improbables, de solitudes qui se répondent, d’êtres qui se retrouvent et de liens indéfectibles, par-delà les séparations, la géographie, les univers. Déambulations européennes et hommages à de vibrantes atmosphères urbaines, mais aussi récits intenses de bribes de vies et portraits palpables, puissamment humains. Jean-François Dauven saisit à merveille l’instant, le tournant parfois insaisissable où se jouent les destins, les amours, les liens qui font vivre.

 

Critiques

Jean-François Dauven investit l'Europe en dix histoires chorales
En cette période d'élections, un jeune romancier a investi l'Europe. Littérairement. Puissamment. Le troisième roman de Jean-François Dauven, « Ceux qui marchent dans les villes », était paru en février. Et son auteur sera une des attractions francophones du festival Etonnants Voyageurs, où il se rend pour la première fois. Rencontre. Il est belge, vit en France depuis longtemps, et l'idée de l'Europe l'habite fondamentalement. Il a fait des études de philosophie, a été plombier, et travaille à présent dans l'édition. Jean-François Dauven en est à son troisième roman.
On l'avait rencontré deux romans, deux miroirs sur l'Europe d'aujourd'hui. « Le Manuscrit de Portosera la Rouge » et « Le Soliste » se déroulaient dans une cité fictive, Portosera. Une ville-Etat méditerranéenne à la frontière entre France et Italie, où vivent environ un million d'habitants.
Une ville en général ensoleillée -Dauven situe souvent ses histoires dans un contexte caniculaire, forçant ses personnages à révéler ce qu'ils ont sous la peau-, harmonieusement partagée par les eaux : un fleuve la traverse et lui offre sa symétrie, une mer la borde.
Son premier roman, à lire également dans le contexte des élections à venir, mettait en relation les canalisations souterraines de la ville et les pratiques d'un président obsédé par sa réélection. Dans le livre suivant s'opérait un zoom avant, avec l'histoire d'un immeuble.
Lorsqu'il parle d'une ville, on a envie de s'y installer
Lorsque Dauven parle d'une ville, on a un peu envie d'y trouver une place. C'est pourquoi, l'ayant vu à Bruxelles lors de la dernière Foire du Livre, j'ai tenu à le suivre. La capitale belge est en effet une des villes de « Ceux qui marchent dans les villes ». Inverser le miroir : entrer dans cette ville réelle où se passe un roman, la raconter, et l'investir comme une ville de fiction.
Comme il le dit dans la vidéo, après deux romans se déroulant dans sa ville fictive, Dauven place son nouveau livre dans… dix villes. Neuf villes existantes (Lisbonne, Rome, Bruxelles, Marseille, Prague, Londres, Oviedo, Séville, Paris) et, forcément, Portosera.
« Ceux qui marchent dans les villes », c« est dix micro-histoires se déroulant simultanément dans ces villes. Dix balades qui caractérisent l'âme de la ville (fado et sensualité de Lisbonne, class et business économique à Londres, hyperflambe et hypercheap à Marseille, etc), son apparence (“ Tout le monde a oublié que Rome a toujours été une cité de marchands. De tribuns et d'affairistes. Cité d'art ? C'est ce que croient les touristes ”), ou son inconscient.
C'est aussi dix manières de voir ce qui se passe au même moment dans la vie de gens bien différents.
Dix récits qui s'entrecroisent et se répondent
Mais il y a plus encore. Qui dit simultanéité dit interdépendance. Une notion à priori plus cinématographique que littéraire. Exemple : dans le récit lisboète, le jeune Jérôme a fui une amoureuse à Paris, mais continue à lui écrire. Un quinquagénaire musicien va le forcer à accepter un marché, pour le faire retourner à Paris.
Neuf récits plus tard, on voit dans quelles conditions une certaine Marie va retrouver des dizaines de lettres dans un appartement qu'elle a failli lâcher. Neufs récits plus tard, sur cet amour comme sur d'autres histoires du livre, le suspense reste entier. Aucun des personnages n'est assuré de se retrouver.
Exemple : à Portosera, un fabricant de machines à cafés de luxe veut “ ouvrir ” un nouveau marché. Plus loin, un flambeur en carafe a vent de ce business à Marseille, et passe un coup de fil.
Plus en aval, un courtier londonien reçoit un appel pour débloquer des fonds, en vue d'une affaire qu'il ne comprend pas, car la conversation est coupée. La vie ne tient qu'à un fil et c'est souvent dans une zone inconnue que quelqu'un d'autre les tire. Il faut alors investir la zone.
Dauvent investit un territoire : l'Europe
C'est par ce savant montage que Dauven donne un sens à ses récits : diversité, interdépendance, et au final unité.
La composition de Dauven ne laisse aucune place au hasard, et pourtant elle augmente le suspense. C'est dans cette construction que réside ce qui, au fur et à mesure de la lecture, devient une émotion.
Dauven compose des histoires d'amour, avouées ou pas. Tisse des histoires de paroles, de marchés, de parcours. Plus encore que la simultanéité ou la diversité, le roman parvient à donner corps littéraire à cette idée qu'on ne peut jamais séparer une chose de son contexte.
Il y ajoute une mise en scène précise qui incarne une certaine Europe. Le jeune romancier a investi un territoire.
Ce roman témoigne d'une démarche littéraire faite de sérénité, d'existentialisme, et d'une toute “ pessoenne ” intranquilité. Et surtout, d'une plume qui caresse le monde. Par dessus la peau et par dessous.
On peut reprocher à Dauven de n'avoir été plus loin encore dans la sensualité, voire dans la méchanceté. De n'avoir osé parfois gratté, éplucher le monde. D'avoir été plus dans la tête que dans les corps.
“Pour savoir écrire, il faut savoir vivre”
Mais on se dira surtout qu'il a la qualité de son défaut : un souffle intense et maîtrisé, comme celui du coureur de fond. Ce qui, pour un roman où prime regard, déambulation et marche à pied, laisse une impression d'efficacité et de bonheur.
L'écriture de Dauven, mélange de distance et de froideur, rappelle quelque part celle de Jean-Patrick Manchette. Mine de rien, en lisant Dauven, on se répète cette phrase phare pour le Cabinet de lecture, cette phrase de Manchette justement, à l'aune de laquelle on juge un livre : “ Pour savoir écrite, il faut savoir vivre. ” (Voir la vidéo)
Dauven fait partie de ces auteurs (Pluyette, Enard, etc) qui sont en train de rouvrir les horizons de la fiction française. Les trois seront trois jeunes romanciers français qui se rendront pour la première fois aux Etonnants Voyageurs de Saint-Malo, dont Rue89 est partenaire, ce week-end.
Il faut les lire dès maintenant. A une semaine des élections européennes, “ Ceux qui marchent dans les villes ” est une vraie réponse de la littérature à l'idée de l'Europe.
Hubert Artus, Rue 89 le 29 mai 2009

 

 

 

Dernières nouvelles

9 décembre 2009
Le prix du livre européen a couronné pour sa 3ème édition, dans la catégorie romans Gottland de Mariusz Szczgiel publié aux éditions Actes Sud et L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard publié aux éditions First.

3 novembre 2009

Le jury du prix du livre européen s’est réuni à Bruxelles et a retenu quatre romans et quatre essais

Les romans

Ceux qui marchent dans les villes de Jean-François Dauven (Belgique)
Courlande de Jean-Paul Kauffmann (France)
Gottland de Marius Szczygiel (Pologne)
Street without name, Kapka Kassabova (Bulgarie)

Les essais
Der Erste riss in der Mauer, Andreas Oplatka (Hongrie)
La constitution européenne en vers, collectif de poètes belge (Belgique)
Les empires coloniaux européens, Henri Wesseling (Pays-Bas)
L’Europe pour les nuls, Sylvie Goulard (France)

Le prix du livre européen sera remis le 9 décembre 2009 à 18h au Parlement européen à Bruxelles et sera suivi, à 20h30, d'une soirée théâtrale et musicale au Théâtre Varia.

Lauréats 2009

Gottland

Roman

Gottland de Mariusz Szczygiel , éditions Actes Sud.

 


Europe pour les nuls

Essai

L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard, éditions First

Consultez la revue de presse

 

Lauréat 2008

Après-guerre, une histoire de l'Europe depuis 1945

de Tony Judt

Tony Judt nous convie à une étude fine et éclairée des principales évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, à l’échelle du continent ou du pays. Au total, c’est une sorte de biographie d’un continent qui s’efforce après un passé dramatique, de se reconstruire et de tracer de nouveau sa route. Les analyses de l’auteur
sont éclairantes, toujours originales, pleines de fulgurance. Elles ne nous laissent pas indifférents et nous invitent à relire avec un regard neuf cette longue période de l’histoire (1945-2005) que l’on croit pourtant familière.

Editions Armand Colin

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