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Biographies Le Collectif de poètes bruxellois a initié le projet. Laurence Vielle, la poète francophone rompue aux performances, le poète néerlandophone Geert van Istendael, l’eurocrate galicien Xavier Queipo et Manza le rappeur lyrique ont écrit un texte de base. Par la suite, près de 50 poètes - originaires de tous les pays de l’Union - se sont mis au travail. David Van Reybrouck et Peter Vermeersch ont remixé l’ensemble pour imaginer une Constitution européenne alternative.
Présentation Pour vous, pour nous tous, le Festival Passa Porta a lancé un défi : ré-écrire la Constitution Européenne ! Le Collectif de Poètes Bruxellois – Geert van Istendael, Laurence Vielle, Manza, Xavier Queipo, Peter Vermeersch et David van Reybrouck – fut le premier à se mettre au travail. 40 poètes européens les ont suivis dans l’aventure. Et voici le résultat : une constitution sous forme d’un long poème, un texte fondateur où l’esprit critique nuance un légitime enthousiasme pour l’Europe, où se confrontent parade et intimité poétique, où s’unissent sérieux, satire et comédie.
Extraits ARTICLE 31: LE DROIT AU LANGAGENous, poètes, préférerons toujours le charretier limpide l’espéranto des pachydermes et le sabir des latrines Le droit de construire des châteaux en Espagne dans toutes Les langues de notre connaissance : luftschlösser bauen ou Luchtkastelen bouwen ou encore hacer castillos en el aire, In aria ! In aria! No art! Partout des châteaux en l’air! ARTICLE 43: LE DROIT A LA GOURMANDISE, A L’OBESITE Vous dit-on : « Allo ? Allo ? » Répondez : « A table ! » Que rien ni personne n’ose vous y couper l’appétit. Premier à vous y asseoir, dernier à la quitter. Soyez gourmand ! Ecornifleur ou non resservez-vous À tout bout de champ sans faire de chichis ni compliments ! Frichti, fricot, rata, que tout vous soit gueuleton si ça vous semble bon ! Ne craignez pas d’être une grosse dondon, un sumo, un poussah Dites plutôt à celui qui vous montre du doigt : « Obèse un peu le ton Veux-tu ! » Devenez mafflu, fessu - plus que de raison ! - mamelu, Toujours plus goulu. Exigez double ration à chacun de vos repas ! Cuisinez tout à la graisse d’oie ! Payez-vous un triple menton ! Ayez une taille voluptueuse comme disent nos amis québécois Occupez deux sièges dans les avions ! Effrayez les gens Dans les ascenseurs ! Goûtez au bonheur d’être rond et corpulent !
Critique L’Union européenne n’a pas de constitution politique ? Qu’au moins, on lui en donne une qui soit poétique ! » 50 auteurs ont peaufiné des mois durant de nouveaux articles sous forme de vers citoyens, alternatifs et critiques. Zoom sur une initiative qui vient de Bruxelles.Aux discours déconnectés des hommes politiques, répondre à coups de vers. Peter Vermeersch, professeur de sciences politiques à l’Université de Louvain, et David Van Reybrouck, tous deux membres du collectif des poètes bruxellois, se passionnent pour le rapport entre politique et linguistique… Devant l’échec du projet de constitution européenne en 2004, ils imaginent une aventure collective où l’écriture et la poésie pourraient permettre aux citoyens « de reconquérir l'Europe ». Et décident de réécrire le texte constitutionnel… sous forme de vers. Ces deux compères cherchent alors d’autres auteurs venus d’horizons divers. L’idée originale est de réunir 27 contributeurs, un par Etat membre, mais rapidement, ils décident de faire appel à des écrivains extérieurs à l’UE. Afghan, Turque ou encore Zimbabwéen, et des auteurs de l’association Shahrazad – Stories for life (qui permet à des écrivains privés de leur liberté d’expression dans le monde entier d’écrire de nouveau) rejoignent une équipe où se mêlent expérimentés et novices. Au côté de Seamus Heaney, un écrivain Irlandais, prix Nobel de littérature en 1995, on trouve ainsi des « voix nouvelles » comme la jeune Bulgare Ekaterina Karabasheva, âgée de vingt ans. Certains sont journalistes, d’autres traducteurs, écrivains, professeurs, ou encore dramaturge et slammeur… Comme Manza, un Bruxellois d’origine marocaine, qui écrit l’article 2 dont voici un extrait : « Que ça bouge, que ça crie, que ça danse, que ça chante, que ça milite, que ça conteste, que ça vive, que ça décrète, que ça féconde, que ça s’illumine en des nuits blanches où rien ne se perd et où tout se gagne, se dessine comme par pures évidences, des envies denses. »Ces auteurs ont en commun l’idée que la poésie peut jouer un rôle important dans la société et plus encore… Il s’agit de vivifier la démocratie européenne. « Ce que la poésie peut apporter, c’est l’imagination, bel et bien l’imagination », estime Peter Vermeersch. « L’Union européenne devrait écouter davantage les poètes et les écrivains qui sont les ambassadeurs de la population », poursuit la co-auteur Hedina Tahirovic Sijercic, qui était journaliste dans les années 80, à Sarajevo, avant d’immigrer au Canada puis en Allemagne. « Les hommes politiques devraient lire davantage les poètes et les écrivains qui sont les véritables ambassadeurs des peuples. » « Si la poésie ne peut pas tout changer dans un monde dépolitisé comme le notre, elle peut permettre au moins de ramener les sujets politiques importants au cœur du débat public », ajoute à son tour l’Espagnol José Ovejero. Cette constitution ressemble à toutes les autres : elle est constituée d’un préambule (« Ne trempons pas nos pinceaux dans un encrier d’indécences »), de principes, on passe progressivement aux droits fondamentaux puis aux déclarations, aux politiques fondamentales, à l'hymne européen et aux dispositions finales. A l’intérieur, les articles sont tour à tour sérieux comme celui sur l’immigration ou encore sur la démocratie, ou délirants comme le « droit à la bêtise » ou encore le « droit aux contes de fées ». Drôles, graves et mélancoliques, ils illustrent l’idéal citoyen et forment un appel culturel à une Europe plus proche et citoyenne. Café Babel |
| 9 décembre 2009 |
| Le prix du livre européen a couronné pour sa 3ème édition, dans la catégorie romans Gottland de Mariusz Szczgiel publié aux éditions Actes Sud et L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard publié aux éditions First. |
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3 novembre 2009 |
| Le jury du prix du livre européen s’est réuni à Bruxelles et a retenu quatre romans et quatre essais Les romans Ceux qui marchent dans les villes de Jean-François Dauven (Belgique) Courlande de Jean-Paul Kauffmann (France) Gottland de Marius Szczygiel (Pologne) Street without name, Kapka Kassabova (Bulgarie) Les essais Der Erste riss in der Mauer, Andreas Oplatka (Hongrie) La constitution européenne en vers, collectif de poètes belge (Belgique) Les empires coloniaux européens, Henri Wesseling (Pays-Bas) L’Europe pour les nuls, Sylvie Goulard (France) Le prix du livre européen sera remis le 9 décembre 2009 à 18h au Parlement européen à Bruxelles et sera suivi, à 20h30, d'une soirée théâtrale et musicale au Théâtre Varia. |
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Roman Gottland de Mariusz Szczygiel , éditions Actes Sud.
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Essai L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard, éditions First |
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Après-guerre, une histoire de l'Europe depuis 1945 |
| de Tony Judt |
Tony Judt nous convie à une étude fine et éclairée des principales évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, à l’échelle du continent ou du pays. Au total, c’est une sorte de biographie d’un continent qui s’efforce après un passé dramatique, de se reconstruire et de tracer de nouveau sa route. Les analyses de l’auteur Editions Armand Colin |
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