La dernière conférence

 

 

la dernière conférence

Biographie de l'auteur

Enarque et diplomate, il a occupé des postes importants, notamment responsable de l’Action culturelle au Quai d’Orsay avant de diriger TV5 Monde de 1990 – 1995 et également ambassadeur en Suède de 1999 à 2003. Il a publié 5 romans depuis 1990 et une biographie de Michel Robinet de la Serve descendant de colons protestants installés à la Réunion, sous son vrai nom, Patrick Imhaus.
La Dernière Conférence a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie française en octobre 2008.

 

Résumé

Une conférence internationale comme tant d’autres. Minuscule monde clos où s’affrontent les intérêts des Etats, mais aussi s’entremêlent les intrigues personnelles de leurs représentants. Elle s’ouvre à Londres en octobre 1989, rassemblant tous les pays européens. Nul n’en attend rien. Même si Gorbatchev et sa perestroïka laissent pressentir de possibles évolutions, on est encore en plein équilibre de la terreur. Du reste, au moment où débute la Conférence, l’Allemagne de l’Est célèbre en fanfare son quarantième anniversaire. Pourtant l’impensable va survenir : quand la Conférence se sépare deux mois plus tard, le Mur de Berlin sera tombé, et, comme dans un jeu de massacre, les démocraties populaires auront été l’une après l’autre balayées. Tout au long de cette Dernière Conférence de la guerre froide, Tromelin, le chef de la délégation française, tient son journal. Sous son regard d’ethnologue, s’agite la faune souvent dérisoire, parfois inquiétante, de ses collègues des deux blocs. Englués au départ dans leurs certitudes, ceux-ci vont vite se trouver démunis face à la tempête qui se lève et peu à peu leur arrache tous leurs repères. Tel un sismographe planté au cœur de ces semaines décisives, le témoignage de Tromelin restitue le tracé du tremblement de terre qui ébranla alors l’Europe et le monde, et en modifia radicalement la trajectoire. Avec une verve impitoyable, le texte cerne, dans ce ghetto qu’est une conférence diplomatique, le destin d’un groupe d’hommes et de femmes confrontés à ce à quoi leur métier les avait le moins préparés : un interstice de liberté dans la trame de l’Histoire.

 

 

Extraits

“L’Europe, ma planète natale, est coupée en deux. Une situation abominable. D’une indicible injustice, et tout ce qu’on voudra, pour les peuples pris dans la nasse. Reste équilibre de la terreur oblige, que les barbelés qui nous séparent sont plantés pour un bon moment encore. « Le Mur de Berlin sera encore là dans cinquante ou cent ans »

“Sur l’écran on voyait une bande de jeunes gens, le visage hilare, en train de donner de grands coups de pioche dans un mur. Le Mur de Berlin, aucun doute là-dessus. J’ai expliqué à Zorica que c’était évidemment une fiction, le énième épisode d’un quelconque film de série B”

“Nous l’avions élaborée en profitant de l’un de ces interstices de l’Histoire où tout semble devenir possible.”

 

 

Critiques

Les derniers ballets diplomatiques du monde bipolaire orchestrés par Marc Bressant. Un grand prix de l'Académie française jubilatoire.
Ne jamais se fier aux apparences. Avec son titre passe-partout (La Dernière Conférence), ses lauriers un rien «tradi», décernés par l'Académie française, et le CV de son auteur, homme tout à la fois de télévision et du Quai d'Orsay, le roman de Patrick Imhaus, alias Marc Bressant, n'avait pas vraiment le profil du livre qu'il faut avoir lu pour briller dans les dîners branchés. Belle erreur! La Dernière Conférence, sise à Londres du 30 septembre au 23 décembre 1989, se révèle un bijou d'intelligence, l'illustration parfaite du cocktail gagnant: un contexte passionnant - les dernières heures de la guerre froide - un procédé narratif pertinent - le journal de bord d'un diplomate désabusé - et un style décapant.
C'est avec un humour très british et une rigueur toute germanique que Jean-Pierre Tromelin, chef de la délégation française à une conférence européenne sur l'information, note jour après jour, histoire de tromper l'ennui, les microscopiques péripéties de l'un de ces interminables dialogues de sourds Est-Ouest qui ont fait florès à la belle époque bipolaire - à peine ébréchée ici par la perestroïka gorbatchévienne. Le casting inclut un Roumain intraitable, une crapule soviétique, un apparatchik tchèque, des frères ennemis allemands, une âme damnée de Dame Thatcher, un ingénieux observateur du Saint-Siège, mais aussi les galipettes de l'Irlandais, les amours du Français avec l'impétueuse Yougoslave... Jusqu'à ce 9 novembre où, à Berlin, un mur tombe. L'onde de choc va bouleverser les palabres de Londres, fissurer les blocs, ébranler les relations diplomatiques.
En quelques traits, la plume alerte et érudite du romancier en dit plus qu'un long traité de sciences politiques. Ou comment, en mâtinant Paul Claudel et John le Carré, transformer un huis clos léthargique en thriller jubilatoire.
Marianne Payot, TV5 monde


C'est le Grand prix de l'Académie française... et alors?
De la conférence internationale qui s'ouvre à Londres en octobre 1989, personne n'attend rien, et surtout pas la flopée de diplomates européens, de l'Est et de l'Ouest, qui y participe avec résignation, mais elle va pourtant donner naissance, deux décennies plus tard, à un roman absolument délectable. Toutes les conférences internationales ne peuvent se targuer d'un tel bilan.
Diplomate lui-même, l'auteur, Marc Bressant, connaît les mœurs du Quai, ou du Département, comme disent les initiés. Il en donne un tableau d'une méchanceté vivifiante et son héros, Tomelin, chef de la délégation française à Londres, dont nous sommes censés lire le Journal, dresse de ses collègues, français et étrangers, des portraits où l'indulgence vient rarement attendrir la sévérité drolatique du trait. Ce jeu de massacre pourrait devenir assez vite lassant si Tomelin ne témoignait envers lui-même d'une lucidité aussi décapante.
Il enrage. L'Europe ne l'a jamais intéressé. Il a fait toute sa carrière en Extrême-Orient et ambitionne de la couronner avec l'ambassade de Tokyo. On l'a expédié à Londres pour qu'il débarrasse le plancher et laisse le champ libre aux sournoises manœuvres du conseiller diplomatique de l'Elysée - «ce salaud» - qui voudrait lui aussi être nommé à Tokyo. Et Tomelin s'ennuie tellement... La conférence a pour objectif assigné de favoriser la liberté de l'information à l'Est comme à l'Ouest. Chimérique ambition... Pourquoi, tant qu'à faire, ne pas travailler à la réunification de l'Allemagne? La RDA vient de fêter avec éclat son quarantième anniversaire et l'Europe restera coupée pour très longtemps encore. C'est en tout cas la conviction de l'ensemble des diplomates présents. Et que faire quand on s'ennuie, sinon dire du mal de soi et des autres? Ou bien tomber amoureux, comme il va arriver à Tomelin, qui oubliera son amie japonaise, et du même coup l'ambassade de Tokyo, dans les bras de la belle et énergique déléguée yougoslave. Les diplomates ne prévoient pas plus les secousses de l'histoire que les économistes ne le font des crises. Avant que la conférence ne s'achève, le Mur sera tombé et l'Europe aura changé de visage. Marc Bressant tire le meilleur parti du coup de théâtre qui clôture son livre en fanfare, mais son talent n'a nul besoin des grandes orgues de l'histoire pour retenir le lecteur: le livre est tout entier passionnant, y compris, et peut-être surtout, dans les pages où la conférence paraît définitivement encalminée dans le pot au noir de la guerre froide.
L'Académie française a décerné à «la Dernière conférence» son Grand prix du roman. Ce n'est pas une raison pour ne pas le lire.
Gilles Perrault, Le Nouvel observateur le 26 novembre 2008 GP du roman à « La dernière conférence »

Le Grand prix du roman de l'Académie française, qui ouvre la saison des prix littéraires, a été attribué aujourd'hui à Marc Bressant pour "La dernière conférence" (ed. de Fallois), a annoncé la secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d'Encausse.
Le prix a été attribué à la majorité absolue au deuxième tour de scrutin par 11 voix contre 8 à Julie Wolkenstein pour "L'excuse".
Marc Bressant, est l'auteur de six récits et romans. Lauréat du prix Jean Giono en 1993 pour "L'anniversaire", il est également l'auteur d'"Un siècle sans histoire" en 1995 et de "La cinquième porte" en 2004.
"La dernière conférence" décrit le monde clos de la dernière conférence internationale avant la chute du mur de Berlin, avec ses enjeux diplomatiques et intrigues personnelles. Tromelin, chef de la délégation française, porte dans son journal de bord un regard d'ethnologue sur ses collègues des deux blocs.
Le Figaro, le 30 octobre 2008

 

 

 

Dernières nouvelles

9 décembre 2009
Le prix du livre européen a couronné pour sa 3ème édition, dans la catégorie romans Gottland de Mariusz Szczgiel publié aux éditions Actes Sud et L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard publié aux éditions First.

3 novembre 2009

Le jury du prix du livre européen s’est réuni à Bruxelles et a retenu quatre romans et quatre essais

Les romans

Ceux qui marchent dans les villes de Jean-François Dauven (Belgique)
Courlande de Jean-Paul Kauffmann (France)
Gottland de Marius Szczygiel (Pologne)
Street without name, Kapka Kassabova (Bulgarie)

Les essais
Der Erste riss in der Mauer, Andreas Oplatka (Hongrie)
La constitution européenne en vers, collectif de poètes belge (Belgique)
Les empires coloniaux européens, Henri Wesseling (Pays-Bas)
L’Europe pour les nuls, Sylvie Goulard (France)

Le prix du livre européen sera remis le 9 décembre 2009 à 18h au Parlement européen à Bruxelles et sera suivi, à 20h30, d'une soirée théâtrale et musicale au Théâtre Varia.

Lauréats 2009

Gottland

Roman

Gottland de Mariusz Szczygiel , éditions Actes Sud.

 


Europe pour les nuls

Essai

L’Europe pour les nuls de Sylvie Goulard, éditions First

Consultez la revue de presse

 

Lauréat 2008

Après-guerre, une histoire de l'Europe depuis 1945

de Tony Judt

Tony Judt nous convie à une étude fine et éclairée des principales évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, à l’échelle du continent ou du pays. Au total, c’est une sorte de biographie d’un continent qui s’efforce après un passé dramatique, de se reconstruire et de tracer de nouveau sa route. Les analyses de l’auteur
sont éclairantes, toujours originales, pleines de fulgurance. Elles ne nous laissent pas indifférents et nous invitent à relire avec un regard neuf cette longue période de l’histoire (1945-2005) que l’on croit pourtant familière.

Editions Armand Colin

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